L’entraînement olfactif modifie-t-il réellement le cerveau ?

Une étude électrique du cerveau et une revue de 24 travaux permettent de mieux cerner les possibilités — et les limites — de l’entraînement olfactif.

Synthèse de ces études

L’entraînement olfactif consiste à respirer régulièrement plusieurs odeurs pendant quelques semaines ou quelques mois. Son principe paraît simple, mais ce qui change réellement demeure difficile à établir.

Une étude menée chez de jeunes adultes apporte un élément précis. Après douze semaines d’entraînement, leur cerveau répondait plus rapidement à une odeur travaillée. Cette modification n’apparaissait pas pour d’autres substances, notamment celles produisant surtout des sensations irritantes ou trigéminales. L’apprentissage semble donc relativement ciblé : s’exercer à sentir une odeur ne rend pas nécessairement tout le système chimiosensoriel plus performant.

Une revue systématique de 24 études donne une vision plus large. En moyenne, environ 27 % des participants obtenaient une amélioration olfactive suffisamment importante pour être considérée comme cliniquement significative. Certains résultats concernant la fluidité verbale ou la mémoire sont encourageants, mais ils restent très incertains, surtout chez les personnes présentant déjà un trouble cognitif.

L’entraînement olfactif peut donc soutenir une récupération ou un apprentissage chez certaines personnes. Il ne constitue pas, à ce stade, une méthode démontrée de prévention du déclin cognitif.

Les idées-forces qui s’en dégagent

  • La répétition peut modifier la vitesse de traitement d’une odeur déterminée.
  • Une amélioration olfactive notable ne concerne pas tous les participants.
  • Plasticité cérébrale ne signifie pas automatiquement protection contre la démence.

Les limites de ces études

L’étude électroencéphalographique concernait de jeunes adultes sains et non des patients. Dans la revue systématique, la majorité des travaux présentaient un risque de biais important et la qualité des preuves cognitives était très faible. Ces recherches ne démontrent ni une augmentation mesurée de neurotransmetteurs ni une prévention de la maladie d’Alzheimer. Elles ne permettent pas davantage d’attribuer les effets à une huile essentielle particulière.

Les études scientifiques consultées

Pieniak M., Mai Y., Mignot C., Oleszkiewicz A., Hummel T. Olfactory training selectively modifies cortical responses to odors in healthy adults. Cerebral Cortex, 2026.
Consulter l’étude

Tan Y. et al. Effects of Olfactory Training on Olfactory and Cognitive Function: A Systematic Review. Ear, Nose & Throat Journal, 2025.
Consulter l’étude

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Psycho-aromathérapie – Aromachologie

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